Introduction
Ferragus issu de La Comédie Humaine, qui est le titre de
l'ensemble de ses romans portant sur la vie parisienne. Balzac vient de la
bourgeoisie provinciale. Il est né à tours. D'ailleurs, beaucoup de ses
romans commencent en province pour se terminer à Paris. C'est le thème
du provincial qui " monte " à Paris… Balzac adore Paris mais
on retrouve d'autres thèmes dans ses romans, notamment celui du jeune
homme qui est initié par une femme plus âgée, plus mûre. Ce texte est
bien différent des autres : certes, il s'agit d'une gigantesque
description comme Balzac en a l'habitude de faire mais c'est surtout une
description métaphorique. En effet c'est en fait une métaphore filée de
bout en bout. Balzac a cette réputation d'abuser de descriptions trop
longues et trop réalistes… il y a tellement de détails que cela prive
le lecteur de toute imagination ! Dans ce texte, la ville va être
personnifiée en un être vivant, un monstre ! " le vrai peut
quelques fois n'être pas vraisemblable " (Boileau). C'est la ville où
l'on peut raconter 100 000 romans, c'est la ville où il s'écrit 100 000
romans…
Lecture
1. Le
plus délicieux des monstres (l.1-8)
2. La journée du monstre : Paris diurne (l.8-17)
3. Mais la nuit du monstre : Paris nocturne, celui des vrais amateurs
(l.17-29)
Conclusion
l. 1-4 très travaillé : emploi du démonstratif "
ces " par deux fois ainsi que " ceux ".
phrase très découpée (7 virgules, 1 point-virgule)
les compléments sont bien séparés les uns des autres, la phrase est très
complète, construite à partir de " qui savent récolter " :
comment ? " en flânant Paris "
quoi ? " la masse de jouissance flottante "
quand ? " à toute heure "
où ? " entre ses murailles "
Cette phrase évoque une promenade parisienne.
l.4 Balzac reprend sa construction grammaticale : " par ceux "
reprend " par ces hommes " (l.2)
oxymore et superlatif " le plus délicieux des monstres "
l.5-6 phrase encore très bien construite : on peut la découper en 3
parties, à partir des 3 point-virgules. Gradation ascendante dans la
longueur des groupes de mots : " là, plus loin, dans ce coin "
et " jolie femme, vieux et pauvre, élégant comme une femme à la
mode "
l.6 exclamation traduit une émotion !
On commence la personnification de la ville à un monstre : aux greniers
on assimile la tête, aux premiers étages l'estomac, aux boutiques les
pieds. Chaque immeuble peut être assimilé à un corps, à une vie. L'étage
et l'estomac rappellent les bourgeois qui ne manquent pas de manger !
Enfin, les boutiques sont en fait liées à la rue. C'est en effet elles
qui font l'activité de la rue.
Changement de ton : il interpelle le lecteur. " eh !
" interjection, exclamation qui traduit l'expression d'une émotion.
Puis " quelle vie toujours active a le monstre ? " interrogation
qui vise directement le lecteur.
Il y a toujours une activité à Paris " à peine le dernier… que déjà
"
Effet de contraste saisissant entre la vie bourgeoise et celle des
ouvriers : pendant que les premiers rentrent du bal, où ils ont fait la fête
toute la nuit, les seconds se préparent déjà à une dure journée de
travail. Décalage évident entre les 2 groupes sociaux.
Cette partie peut nous faire penser au " Paris s'éveille " de
J. Dutronc.
Phrase tout en contraste, donc, comme le montre les oppositions entre
" frétillement " et " se remuent " ; entre " au
cœur " (intérieur de Paris) et " aux Barrières " (portes
de Paris).
l.10 " ses " et " il " évoquent le monstre.
l.11-15 une longue phrase
la personnification continue mais cette fois c'est à un grand homard que
l'on se réfère.
l.11 " toutes " on enlève les barrières sociales. Correspond
aussi bien aux riches qu'aux pauvres.
l.12 30 000 chiffre hyperbolique
On distingue bien hommes et femmes
Enumération des biens essentiels : une cuisine pour manger, un atelier
pour travailler, un lit pour dormir, des enfants et un jardin.
l.15-16 la métaphore filée se poursuit. Très imagé. Cette fois le sens
auditif est mis en avant (" craquent, communique, parle ")
l.16 " à midi tout est vivant " c'est le summum de l'activité
de Paris
" rugit " propre à un monstre
Balzac mélange le concret et l'imaginaire : les cheminées fument et le
monstre rugit et mange
l.17 " beau spectacle " phrase nominale et exclamative qui
traduit encore l'émotion de Balzac. C'est normal car il aime énormément
Paris.
Changement de ton.
l.17 " mais " marque le changement
l.17-21 phrase de transition. Contraste saisissant. A l'agitation succède
le calme (" silencieux ", " murmures "). A la lumière
succède l'absence de lumière (" sombres ").
l.18-19 " qui n'a pas admiré " " qui n'a pas entendu
" question rhétorique, parallélisme
l.18 rythme ternaire (paysages, lumière, cul de sac)
champ lexical de la nuit : " sombres " " profonds "
" silencieux " " murmures " " minuit et 2h du
matin ".
l.18 " cul de sac " Paris inquiétant… ça n'a rien de
rassurant un cul de sac !
l.20-21 phrase clé du texte. Contraste ombre/lumière. Poésie de mystère,
d'inquiétude
l.21 " contrastes " souligne la différence en Paris de jour et
Paris de nuit
l.21 s'oppose à l.2 : " qui ne marchent en écervelé "
rappelle " en flânant " et " petit nombre d'amateurs
" rappelle " ces hommes d'étude et de pensée " et "
déguster " se démarque de " récolter " : une marque de
raffinement.
Ici, Balzac se place parmi les esthètes, les orgueilleux.
l.22-23 accumulation de défauts
l.23 " pour les autres " renvoie encore au début du texte. (les
autres = intellectuels)
Paris est réduit à ses seules beautés.
Certaines personnes partent pour Paris dans l'objectif de trouver des idées
pour leurs romans. Ceux-là sont des amateurs, la petite élite.
l.26 6 attributs (triste, gai, laid, beau, vivant, mort) qui montrent que
les vrais amateurs aiment tous les aspects de Paris.
Balzac a déjà un comportement naturaliste.
l.29 rythme ternaire (tête, cœur, mœurs)
Ce texte est très énigmatique et très subjectif. Il est réservé
à la petite élite. Balzac aime Paris d'un amour hyperbolique, orgueilleux,
démesuré.
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